Viol par soumission chimique: 12 ans de prison requis contre l’accusé en lien avec Dominique Pelicot ( AFP / Damien MEYER )
Une peine de 12 ans de réclusion criminelle a été requise jeudi à l'encontre d'un homme jugé à Lyon pour avoir drogué et violé sa compagne, et qui avait été en contact avec Dominique Pelicot pour bénéficier de son "expérience".
"La sanction me paraît nécessaire pour cette atteinte physique et psychique à celle qui partageait sa vie, 'choséifiée' en simple accessoire sexuel, livrée aux fantasmes pervers", a estimé l’avocat général Michel Guedes, devant la cour criminelle du Rhône.
Rendant "hommage" au "courage" de la plaignante, il a également réclamé des peines complémentaires de dix ans de suivi socio-judiciaire et de privation de droits civiques, à l'encontre de ce "prédateur sexuel" au "comportement machiavélique".
La victime, une commerçante de 40 ans, a été "déshumanisée, traitée comme un objet", comme un "jouet", avait insisté plus tôt son avocate, Me Julia Studient.
En début d’après-midi, l’accusé de 39 ans, ex-garde du corps, avait avoué avoir "à deux reprises, administré des cachets à sa compagne" en vue de la violer, un revirement par rapport à la veille où il avait fermement nié l’avoir "jamais droguée".
"Aujourd'hui, je dis la vérité", a-t-il répondu à Me Studient, qui lui demandait comment le croire alors qu’il a livré neuf versions différentes depuis le début de l'affaire.
Les faits s'étendent de 2015 au 13 juin 2023, jour de l'interpellation de l'accusé au domicile conjugal. Dans son téléphone sont notamment retrouvées des conversations en ligne au cours desquelles il partageait des images volées de sa compagne, et mère de son fils, dénudée.
Mais l'enquête qui le vise remonte à l'arrestation, en septembre 2020, de Dominique Pelicot, condamné en 2024 à 20 ans de prison pour avoir violé et livré sa femme Gisèle à des dizaines d'inconnus.
Dans son téléphone, des échanges avec l'accusé qui, désireux de bénéficier de son "expérience", lui propose de se déplacer à Lyon pour passer lui-même à l'acte. Mais la rencontre n'aura jamais lieu, selon l'enquête.
"Je ne me reconnais pas", a répété vendredi l’accusé, évoquant, entre autres scènes insoutenables diffusées devant la cour, des vidéos où on le voit violer sa conjointe, inerte. "Je vous demande pardon, à Véro (prénom d'emprunt), à mes enfants, à sa famille. J’avais tout, j’ai tout détruit".

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer